Sitrep, Ukraine (opérations)

SITREP. Contre-offensive ennemie, notre front enfoncé à Volnovakha. [3 mises à jour].

Cela fait plusieurs jours que, malgré l’euphorie ambiante, nous suivons avec inquiétude la situation autour de Volnovakha. Pour un résumé, voir notre dernier SITREP et ses deux mises à jour ici.

Ce matin, mes pires inquiétudes se concrétisent : l’ennemi a poursuivi sa percée.

volnovakha enfoncée

Front enfoncé à Volnovakha – Cliquer pour agrandir.

 

Au nord de Volnovakha, il a bousculé nos avant-postes et disposé de l’artillerie lourde (MLRS Ouragan de 220 mm) à distance efficace des forces républicaines qui encerclent le chaudron du sud de Donetsk. Au sud de Volnovakha, non seulement le verrou d’Andreyevka a été pris, mais il a été largement dépassé par l’ennemi qui avancé une importante colonne blindée jusqu’à Granitnoe, dont il doit maintenant regretter d’avoir démoli le pont, voici à peu près une semaine.

Cette position est à mi-chemin entre notre ancien front ouest et la frontière avec la Russie : si l’ennemi parvient à poursuivre sa poussée vers l’est, jusqu’au nœud routier de Telmanovo qui est à une dizaine de kilomètres de ses positions, l’ensemble de notre dispositif au sud de cette position est menacé d’être coupé de ses arrières. Dans le cas contraire, il pourra réorienter son effort vers le nord et prendre nos forces à revers.

À Marioupol, diverses informations font état d’une tentative d’évacuation de la ville par le nord-ouest, comme il était logique. Nous avions fait état, fin août, de cette possibilité et des risques d’enveloppement qu’elle faisait courir à nos forces disposées à l’ouest de la ville. Dans le même temps, les forces républicaines donneraient l’assaut et auraient pris pied dans l’Est de l’agglomération. Compte tenu de l’enfoncement de notre front évoqué plus haut, cette ville peut constituer un piège mortel où un important contingent de forces républicaines pourrait se retrouver encerclé sans espoir de secours. On peut aussi parier sur la panique que pourrait provoquer la libération de Marioupol dans les forces de la Junte. On peut.

marioupol fuite ennemie

Marioupol : un piège ? – Cliquer pour agrandir

 

Les options.

A * L’offensive « à outrance », incluant la prise de Marioupol. On connaît les « succès » passés de cette vieille doctrine française. Ce qui est jouable au niveau tactique ne l’est pas toujours aux niveaux opératif et stratégique. Surtout (ce que je dois répéter dans pratiquement chaque article), si on se bat à 1 contre 10. Toutefois, une suite d’apparentes victoires républicaines pourrait finir de briser le moral des forces du régime. Pourrait.

B * Le repli stratégique. Cette solution est peu enthousiasmante et aurait des effets désastreux pour nous sur l’état moral des deux parties. Elle est toutefois largement préférable à une défaite d’ampleur opérative, ou pire. Ce repli pourrait emprunter au moins trois itinéraires :

1 – Passer la frontière russe et revenir en Novorussie au nord du saillant ennemi pour renforcer un front considérablement réduit et, par conséquent, plus facile à défendre contre un ennemi supérieur en nombre et en puissance de feu. Un précédent a été créé lorsque des soldats de la Junte, passés en Russie, sont revenus dans la zone occupée par le régime et que certains ont à nouveau pris part aux combats. C’est la solution la plus prudente.

2 – Remonter le long de la frontière pour tenter, s’il en est encore temps, de porter un coup d’arrêt au niveau de Telmanovo afin de conserver le contrôle d’une partie de la frontière au sud de cette position. Cette option est presque aussi sûre car il reste possible de basculer rapidement vers la première.

3 – Option plus audacieuse : lancer une offensive coordonnée par le nord et le sud le long de l’autoroute H20, le but étant de fermer la tenaille sur les arrières du saillant ennemi et de le transformer en « chaudron » à la puissance deux en le rabattant vers la frontière. Si, comme il est plausible, l’ennemi a engagé toutes ses forces dans cette offensive — qui pourrait, pour lui, être celle de la dernière chance–, cette manœuvre peut réussir à lui infliger un coup dont il aurait du mal à se relever. En cas d’échec, toutefois, nos unités auraient à s’exfiltrer par petits groupes pour rejoindre le front et les pertes seraient plus sévères que dans les options précédentes. Bien moindres, tout de même, que si nos forces étaient prises au piège dans Marioupol. Une variante consisterait à remonter à l’est du H20 afin de ne piéger qu’une partie du saillant ennemi, par exemple sa colonne blindée, et de contenir le reste avant de le repousser.

4 – Un « mélange » de ces différentes options, visant à optimiser leurs effets combinés. Il n’est pas sûr que la jeune armée de Novorussie dispose déjà des capacités manœuvrières nécessaires.

C * Une meilleure idée mais, si je la connaissais, je n’en parlerais pas 😉

D * Une énorme connerie de l’ennemi, ce qui n’est jamais impossible mais ne dépend pas de nous.

Conclusion.

Comme craint lors de nos précédents SITREP, la situation semble devenue critique au niveau opératif. Il est possible qu’une action de nos forces repousse l’offensive ennemie et que l’on en revienne à la situation précédente. Il est possible que nous perdions la presque totalité de nos forces engagées autour de Marioupol. Il est possible qu’elles parviennent à se replier au nord d’un front considérablement réduit et plus facile à défendre. Il est possible que l’ennemi se retrouve piégé dans un très gros « chaudron » à l’est du H20 et y perde des forces et des moyens considérables. Nous sommes dans un jeu d’encerclements et de contre-encerclements où la reprise de l’initiative revêt un caractère déterminant. Dans les jours qui viennent, une bataille d’une importance capitale devrait se dérouler.

Notons toutefois que, hormis la blessure d’orgueil, si les Républicains stabilisaient leur front au nord de Volovakha tout en récupérant l’essentiel des forces engagées au Sud de la zone opérative, la situation sera tout de même bien meilleure qu’au début de leur récente offensive, pour ne rien dire de ce qu’elle était autour du 10 août.

MISE À JOUR #1 : La carte des opérations au 4 sept. présentée et publiée ici. (offensive républicaine au nord de Lugansk)

MISE À JOUR #2 : Granitnoe contient l’ennemi, qui réoriente son effort. À Debalcevo, action dans la profondeur.

MISE À JOUR #3 : Volnovakha : la menace opérative écartée. Au nord de Lugansk : frappes sur les arrières ennemis.

 

Tell us!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Follow InfoBeez on WordPress.com

Follow me on Twitter

Posts récents

%d blogueurs aiment cette page :