Flash-OPS, Ukraine (opérations)

[Ordres de bataille] Le point sur les forces en présence (source généralement fiable).

Le point sur les ordres de bataille. Source : Jacques Frère.

Dans une partie de son dernier article, Jacques Frère, une source généralement fiable à ce sujet, fait le point sur l’état des forces en présence.

Ce point sur les ordres de bataille gagnera à être mis en perspective avec les cartes que nous publions régulièrement et avec notre dernier point de situation [SITREP] : SITREP 24 oct. + Cartes commentées [1 MàJ.] – L’ennemi semble commencer une offensive stratégique majeure. [Vidéo 20 mn].

Affiche soviétique antinazie.

Affiche soviétique antinazie.

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Note liminaire :

– les sources francophones généralement fiables en ce qui concerne les combats en Novorussie sont rarissimes, la rubrique de Jacques Frère en fait partie ; ça ne signifie pas qu’il a toujours raison mais, en matière de renseignement et d’analyse militaire, personne n’a toujours raison.

– il est de la moindre des corrections éditoriales de citer ses sources, ne pas le faire relève du plagiat, que je trouve moralement condamnable et que Jacques Frère ne pratique pas. Je la cite donc : lien juste après l’extrait. Merci de noter que je cite cet article et que je recommande la rubrique de Jacques Frère et non pas le site Nation presse, ni le parti politique qu’il soutient, ni les autres articles présents sur ce site. Les polémiques oiseuses ont leur place ailleurs, merci ;

– je suis irrité par l’usage des « traductions » phonétiques en soi-disant « ukrainien » des toponymes russes, « traductions » qui n’ont ni tradition d’usage, ni légitimité, et qui brouillent la lecture, mais c’est ainsi. Pour faciliter la lecture, j’ai « retraduit » [entre crochets].

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Voici l’extrait en question :

Les forces en présence

Le régime « proeuropéen » se vente d’avoir utilisé le cessez-le-feu signé à Minsk pour se réorganiser militairement, consolider son potentiel et remettre en ordre de bataille une armée quasiment mise à bas fin août, avec l’aide de puissances occidentales. Selon Petro Porochenko, l’outil répressif kievien aurait obtenu de nouvelles armes, de l’équipement et des approvisionnements. C’est partiellement vrai. Si effectivement plusieurs usines et ateliers de réparations fonctionnent à plein régime pour remettre en état un grand nombre de blindés et d’engins divers issus des stocks de la réserve, si un nombre significatifs de blindés modernes (BTR-3, BTR-4, KrAZ Cougar…) ont pu ainsi être livrés à certaines unités (notamment à la garde nationale), si des matériels occidentaux comme des camions IVECO équipent désormais certains « bataillons », il n’en demeure pas moins que les troupes dont dispose la junte présentent des carences inquiétantes et que les « nouveaux » matériels sont en nombre insuffisant.

En évitant tout pessimisme inapproprié et tout optimisme exagéré, il est nécessaire de faire un rapide tour d’horizon des forces en présence.

– Les forces de Kiev

Du côté de Kiev, de très nombreuses unités qui portent l’appellation de « brigade » ne peuvent finalement aligner qu’un ou deux bataillons, composés de recrues sans expérience et à l’entrainement aléatoire et avec des matériels et des blindés souvent hors d’âge. On a vu ressortir des stocks de vieux BTR-70 et même des BTR-60PB…

La plupart des « bataillons » de la garde nationale se résument à 300 ou 400 combattants, même s’ils ont parfois reçu récemment de nouveaux équipements, leur motivation idéologique ne comble pas leur manque d’aguerrissement et les pénuries en matière d’armements.

L’artillerie kievienne, en revanche reste encore conséquente et efficace : elle est servie par des officiers et des sous-officiers qui, pour la plupart, ont été formés à la bonne école des méthodes soviétiques. L’artillerie reste l’atout majeur des forces ukrainiennes sur le terrain.

L’aviation ukrainienne a beaucoup souffert depuis le printemps dernier : la plupart des Su-25 disponibles ont été soit abattus, soit mis hors d’état de combattre, à tel point que dans les dernières semaines d’août, ce sont des intercepteurs MiG-29 armés de roquettes Z-5 et 8 qui étaient employés pour les missions d’attaque au sol. Et la plupart des Su-24 sont indisponibles.

Quant aux moyens héliportés, ils ont été sérieusement réduits depuis le printemps dernier. Kiev semble avoir reçu quelques Mi-24 de pays membres de l’OTAN ayant appartenu au Pacte de Varsovie, et aussi quelques Mi-8/17 et des hélicoptères US Iroquois, sans doute aussi quelques Black Hawks américains (mais cela nécessite confirmation).

La motivation et l’état d’esprit de ces troupes reste très variable : si les paramilitaires politisés de la garde nationale continuent d’avoir un moral à toute épreuve, les « volontaires » issus des diverses conscriptions forcées semblent assez peu enclins d’aller mourir pour les oligarques, Bruxelles ou Washington. Plusieurs des « bataillons » les plus politisés ont été retirés du front ou n’ont pas été recomplétés : « Donbass », « Shakhtarsk », « Dnepr-1 », « Kryvbas » manquent désormais à l’appel, « Aydar » n’est plus que l’ombre de lui-même, « Azov », qui se prend désormais pour un « régiment », n’aligne que deux compagnies au maximum.

Au sein des forces régulières de l’armée, il en est de même : la plupart des « brigades » se résument à des bataillons, certaines unités comme la 79e aéromobile ou la 51e mécanisée, n’existent plus que sur le papier ; d’autres n’ont pas été recomplétées comme la 1re brigade de chars, la 25e brigade de parachutistes et la 92e mécanisée et ne sont plus que des compagnies éparses.

Tout cela a obligé le commandement ukrainien à mettre en place des groupes tactiques assez inégaux et de valeur variable. La situation du mini chaudron au nord-ouest de Lugansk montre l’inefficacité de ce genre de combinaison pour une armée qui n’a pas les moyens de faire ce genre de guerre sur un terrain qui lui est globalement hostile et qu’elle ne connaît pas très bien.

Les forces de Kiev peuvent aligner tout de même environ 38.000 hommes, avec quelque 200 chars lourds (T-64 et T-72) et plus de 400 autres blindés divers (BMP, BTR, etc.). Elles ont mis en place deux voire trois lignes de défenses successives afin de parer à toute contre-attaque des FAN et éviter de se retrouver dans la situation inconfortable d’août dernier. Dans le saillant de Debaltseve [Debalcevo ou Débaltsevo], on compte même quatre lignes défensives.

Problème : il ne nous semble pas que ces forces disposent de réserves conséquentes. L’assaut devra nécessairement être très violent, une sorte de Blitzkrieg [guerre-éclair] de quelques jours pour frapper au cœur du dispositif républicain et le blesser à mort. Autre problème : un Blitzkrieg nécessite d’avoir de l’aviation tactique en quantité pour être en mesure de pratiquer ce que l’OTAN appelle le « Close Air Support » [appui tactique aérien]. Or Kiev n’en dispose presque pas !

– Les forces de Nouvelle Russie

De l’autre côté, les forces républicaines disposeraient d’environ 15 à 20.000 combattants de qualité variable. Pour les trois quarts d’entre eux, ce sont des russophones d’Ukraine. Certaines unités de choc sont encadrées et renforcées par des volontaires russes (Kontratniki) ou des pays de l’ex-URSS. Les FAN disposeraient d’environ 50 à 70 chars lourds (T-64, T-72), répartis sur toute ligne de front en « sections » de 3 à 4 engins chacune, sauf pour la brigade « Oplot » qui dispose d’un bataillon blindé indépendant. Il y aurait aussi un bataillon ou une compagnie renforcée de chars lourds près de Lugansk.

On peut distinguer cinq grandes brigades : « Vostok » sur Donetsk (dont le noyau dur est composé d’anciens policiers « Berkut » et des forces spéciales du SBU) et qui dispose de sa propre artillerie (dont des mortiers automoteurs de 120 Nona) ; « Oplot » sur Donetsk (composée d’ancien militants antifascistes et supporteurs de foot de Donetsk) ; « Motorolla » composé de compagnies d’infanterie indépendantes de choc telles que « Sparta » et celle de «Givi », des anciennes compagnies de Slaviansk-Kramatorsk et de volontaires d’Asie centrale et du Caucase (avec au moins une batterie de mortiers de 120 Nona-K) ; « Kalmius » (majoritairement composée de mineurs du Donbass) avec son bataillon autonome d’artillerie mécanisée et motorisée ; « Prizrak » commandée par Aleksei Mozgovoi et qui se situe au nord du front vers Permovaisk [Pervomajsk ou Pervomaïsk = 1er mai] et qui dispose de sa propre artillerie (principalement des BM-21 et des D-30). A cela s’ajoute la brigade « Démon » du général Igor Bezler sur Gorlivka [Gorlovka], et qui est statique bien que disposant de quelques chars et de sa propre artillerie.

On note en plus la présence de plusieurs bataillons autonomes composés de volontaires du cru tels que « Zarya », « Vityazy », « Saint-Georges » sur Lugansk, de même que des unités autonomes de choc comme le 4e détachement de reconnaissance à l’effectif d’un bataillon du commandant Aleksandr Bednov dit « Batman », ou encore le 32e détachement de l’armée des cosaques du Don composé pour l’essentiel de Russes (et qui dispose de moyens d’artillerie lourds comme des obusiers de 152 D-20). D’autres « bataillons » ou simples « compagnies » s’agrègent à ce dispositif et sont d’une valeur combative assez variable.

A noter que certaines brigades disposent désormais de moyens antiaériens de courte et de moyenne portée, comme des Strela-10M et des Osa-M (une demi douzaine en tout). Les FAN disposent aussi de quelques rares lance-roquettes multiples lourds (BM-27 et BM-30) mis en réserve stratégique dans le secteur de Donetsk et qui servent en général aux tirs de contre-batterie.

Les forces républicaines ne disposent pas d’un commandement unifié, ce qui est un gros désavantage. En revanche, il est plus que probable qu’une réserve stratégique en hommes ait été mise en place depuis l’été dernier. Enfin, et il est important de le souligner, les forces républicaines disposent de plusieurs dizaines de DRG, ces détachements de reconnaissance et de sabotage qui opèrent sur les arrières des forces ukrainiennes, jusque dans la région de Kharkov.

(source)

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